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Échec Enseignement des langues à l’université

 Enseignement des langues à l’université : Un échec

Comment enseigner?

 

De la politisation à la marchandisation
De la politisation à la marchandisation

Apprendre une langue n’est pas en soi un fait d’importance majeure. Ce n’est qu’en apprenant une langue pour s’en servir que l’idiome utilisé a un sens. Quand on dit que tout est devenu communication, on arrive à un stade où rien, en fait, n’est communication. Communiquer à outrance revient enfin à ne rien faire, ironisent les didacticiens, en faisant allusion aux politiques du monde moderne. Voilà quelques idées véhiculées lors de cette première journée de l’Université régionale de formation 2012, par Christian Puren, professeur émérite de l’Université Jean Monnet de Saint-Etienne.

 
Organisée conjointement par l’Institut français de Fès et le laboratoire de recherche en littérature, communication et didactique et le Master didactique du français et interculturalité de la Faculté des lettres et des sciences humaines -Dhar El Mehraz-Fès, cette Université ayant pour thème «Didactique des langues, des cultures et des disciplines à l’université», a été une occasion pour enseignants des langues, de communication et les étudiants de partager et d’échanger des idées, mais aussi des expériences d’apprentissage des langues, et ses objectifs. Le Palais de congrès à Fès a ainsi constitué un carrefour pour tous les didacticiens du Maroc et de France.
Chakib Tazi, le coordinateur de cette manifestation scientifique, estime qu’une suite, plus ou moins, heureuse de réformes et de réajustements n’a malheureusement pas pu dessiner clairement les contours et les lignes de force d’une «nouvelle  idée de l’université», à la fois ancrée dans l’histoire et la mémoire du pays et adaptée aux exigences et aux besoins impérieux d’une société de la connaissance globale et moderne que nous appelons tous de nos vœux. D’où, ajoute-t-il, une question se pose et s’impose comme étant la plus complexe et qui constitue un véritable point d’achoppement sur lequel bute constamment ce projet de refondation de l’université, à savoir celle des langues d’enseignement, dans leur relation avec les disciplines enseignées, tant au niveau des sciences expérimentales qu’à celui des sciences humaines et sociales.

 
Président de l’Université Ibn Tofaïl, Abderrahman Tenkoul s’est interrogé, devant un auditoire averti, pourquoi le Maroc qui parle beaucoup de langues (latin, arabe, amazigh, hassani, hébreu …), est dans une situation complexe d’exercer et d’assumer cet héritage.  L’enseignement des langues servait d’outil d’enseignement des savoirs, et ce n’est hélas pas le cas aujourd’hui, alors même que nous avons l’une des premières universités du monde.
La situation est problématique, dit-il, parce que le monde a changé et change continuellement, vers des défis énormes… un certain nombre de pays émergents ont fondé leur développement sur l’enseignement des langues. Notre enseignement régresse et l’on parle même d’échec, de faillite. L’on ne peut donc décoller vers une compétition forte, alors que notre enseignement des langues et de toutes les autres disciplines est régressif. Un constat d’une réflexion non encore finie certes, comme l’atteste le spécialiste des littératures maghrébines d’expression française, mais dont les grands traits sont clairs.

 

Comment enseigner? se demande-t-il sur un ton méthodique. «Au sein de l’université marocaine, on est resté dans le modèle médiéval. C’était un peu mal vu d’enseigner la didactique. Le fond était essentiellement de transmettre le savoir, étant donné que l’étudiant était quasi parfait», souligne celui qui a enseigné pendant plusieurs années à la Faculté des lettres de Dhar Mehraz de Fès. Et d’ajouter que «les cours alors étaient carrément théoriques. C’est très difficile de remédier maintenant aux tares et «blessures», car la découverte est faite un peu très en retard». Voulant démocratiser l’université, le Maroc s’est trouvé face à une massification … qui n’aboutit aucunement à une société de savoir. L’on perd le cap. Le président de l’Université Ibn Tofaïl ne voulait pas non plus conclure sur une note pessimiste. «Il faut garder son optimisme méthodique, en se dotant d’atouts et de moyens compétitifs. D’où la nécessité d’innover, de créer et d’encourager la recherche, longtemps négligée.

Source: 1 Libération,29 septembre 2012

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